Approche communautaire lors de crise 3/4

En parallèle la société civile s’organise pour tenter d’entrer en complémentarité avec les services de l’état et les ONG

De ce constat nous avons décidé d’agir, de gérer l’information, au niveau local, au travers d’une association haïtienne. Il s’agissait de récolter des informations au plus proche des réalités de concitoyens haïtiens afin d’avoir une meilleure lisibilité des problématiques du territoire et d’établir une analyse communautaire pouvant être communiqué facilement avec des cartes permettant une analyse simple et accessible, de la situation.

En aucun cas on a cherché à rentrer en compétition avec les ONG, organismes nationaux et internationaux. Cependant on a estimé qu’on pouvait être complémentaire avec ces organismes pour faire remonter de l’information et mettre en lumière certaines problématiques.

On a pris exemple d’une initiative de jeunes de la cité Soleil pour constituer un groupe informel pour favoriser le changement, à partir d’une cartographie participative, sur la gestion des risques. Dans ce groupe il n’y avait aucune hiérarchie et pourtant ils ont pris des décisions pour nettoyer les canaux, ensemble, dans chacun des blocs de cité Soleil. Aujourd’hui encore, avant chaque évènement cyclonique, ils sont actifs pour sensibiliser la population, pour assurer le curage préventif des canaux…

Cela donne une image positive à de tels comportements qui sont loin des clichés négatifs colportés par ceux qui s’accommodent d’une telle situation.

On a décidé de former des personnes locales et de poursuivre nos actions dans la gestion de l’information et l’imagerie aérienne pour, à terme, être partenaires incontournables des acteurs de l’urgence, sur le territoire.

 Pourquoi utiliser des images drones ou satellites sur le terrain :

  •           Après le tremblement de terre il a fallu utiliser des outils capables de prendre des photos aériennes précises de la catastrophe dans les bidonvilles et les quartiers précaires de la ville.
  • Cartographier la zone, envoyer des équipes dans des amoncellement de gravas pour évaluer les besoins, recenser la population, effectuer des travaux du droit du sol, tout cela demande une cartographie précise, en amont.
  •  Les images satellites sont à une résolution de 50 cm de pixel alors que celles d’un drone est de 4 cm. Au final on distingue plus les détails (A 50 cm, le pixel est de la taille d’un carrelage, alors que celui du drone s’apparente plus à de la mosaïque, une résolution de 4cm fournit des dessins plus précis).
  •            L’utilisation d’images de drone a permis, de cartographier précisément la zone et d’envoyer les équipes grâce à la digitalisation en amont des maisons, des routes, des corridors, des canaux.
  •            C’est un gain de temps précieux. Le résultat est plus précis qu’avec des images satellites
  •  Le drone peut capturer une superficie de 1 à 10 km2 en une demi-journée
  •            Dès lors, chaque polygone, chaque ligne prennent vie à l’aide d’une carte papier que l’apprentis cartographe pourra remplir. Le détail de la cartographie devient un support efficace et fiable pour se repérer sur le terrain.
  •           Par la suite, une équipe pourra rentrer dans une base de données les informations recueillies et récupérer les noms des rues, le type et l’état de la routes ou de bâtiments. Ce travail devient une aide précieuse pour construire la cohérence des interventions.

 

Comment intégrer tout cela dans son projet :

  •            Le drone se démocratise de plus en plus. Il est facile d’en trouver et de se former à son l’utilisation.
  •            C’est un vrai outil et non pas un gadget de l’innovation. Il faut le prendre comme tel. Il est judicieux de chercher à optimiser son utilisation, dans un processus d’intégration des populations à ces chantiers et à construire une réelle reconnaissance du travail réalisé par les communautaires.
  •            Le prix, du drone, n’est pas un obstacle. Avec un ordinateur portable puissant il est possible de réaliser des mosaïques d‘images pour des surfaces de moins de 1 km2 ou des traitements de moins de 500 images.
  •           Il faut faire un effort d’intégration de ces outils dans son travail. Cela rajoute une complexité technique certes, mais on gagne en efficacité et en temps passé sur le terrain. Ce n’est pas négligeable quand il s’agit de situations d’urgences.
  •           C’est un bon support d’efficiences et un processus pédagogique pour introduire des démarches collaboratives qui répondent aux aspirations des populations et au respect de celles-ci.

 Ci dessous une vidéo amateur de l'une de nos missions bénévoles de soutien à l'université de la Nouvelle Grande Anse

Collection des données sous téléphone mobile, formation à la cartographie OpenStreetMap et au Drone, auprès des élevés de l'université

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