Approche communautaire lors de crise 2/4

Du Local au National une transmission de l’information à renforcer

Lorsqu’un projet implique plusieurs acteurs de disciplines différentes, d’intérêts parfois éloignés (macro ou micro économique, social, humanitaire, sécuritaire, politique, technique, etc.) et que leurs interventions visent à améliorer les situations des populations victimes de catastrophes naturelles ou humaines, il parait pertinent, en termes d’anticipation des interventions, de poser le problème de cohérence des actions pluridisciplinaires et d’ouvrir cette réflexion aux organisations locales.

Il s’agit de s’assurer qu’on ne parle pas ou que l’on ne fasse pas à la place de l’autre au risque d’être contreproductif, voire parfois être générateurs de tensions au sein de la population.

Quand il y a plusieurs acteurs engagés, dans un souci d’amélioration de la prestation fournie, il parait évident d’espérer, de leur part, une expertise la plus pointue possible. Plus la compétence est mobilisée plus les effets produits seront de qualité. D’un autre côté, plus les gens sont spécialisés ou mobilisés avec des intérêts différents, plus la communication devient difficile. La complémentarité a du mal à trouver les passerelles entre une agence et une autre. Le consensus est difficile à établir, la coordination devient essentielle et subtile. Chacun cherche à s’imposer en créant des rapports de forces qui nuisent au bon déroulement des opérations dont les premières victimes sont les habitants déjà victimes de la catastrophe elle-même !

Certains captent l’information pour espérer récupérer les missions et les fonds associés tout en s’éloignant de l’essence même de leurs finalités, apporter secours aux populations.

C’est un constat d’échec qui s’installe bloquant le partenariat dont les effets sont immédiats sur les populations. Un gâchis généralisé prime sur l’efficience des engagements.

Il s’agit là d’une inertie de systèmes, d’une graine de résistance aux changements qui méritent d’être interpelées. Les logiques de silo nuisent à l’implication locale et freinent les initiatives collaboratives.

Au final la faute est reportée sur les uns et les autres de telle sorte qu’aucun responsable n’émerge. On botte en touche en disant que le caractère « d’assisté » des populations démunies ou la faible organisation des acteurs locaux sont les principaux freins à la réussite de l’opération.

Les plus faibles portent le chapeau du résultat. Cela permet aux acteurs, en charge de la prévention, de l’intervention, du suivi, de se dédouaner de toute évaluation pouvant remettre en cause leur pratique. Ils continuent à faire toujours la même chose improductive. Ils s’installent dans des certitudes qui, malgré des résultats médiocres, ne les incitent pas à se remettre en cause.

 

Exemple 1 : Notre association haïtienne spécialisée dans la cartographie et la prise de vue aérienne, a mis ces moyens au service des services de l’état. Arrivés par hélicoptère sur Jérémie, nous étions les tout premier sur zone. On a vu une solidarité entre haïtien et les services de l’état, associations locales (scouts, association de paysans) assez remarquable malgré le manque de moyen. Nous avons pu rapidement utiliser les images en 3D pour calculer la surface de remblais pour réparer le port durant la nuit afin d’accueillir un bateau. Ces images et celles de l’entrepôt de la sécurité civile ont permis, aussi, à l’équipe logistique de WFP à Rome, de préparer leur mission. C’est un exemple des effets du partenariat et de la remontée d’informations.

Au niveau local, on a commencé à repérer les points de distributions de semence pour utiliser ces lieux pour gérer l’urgence. Très vite la machine humanitaire s’est mise en route. Les associations locales ou gouvernementales n’ont pas eu les moyens de suivre pour devenir de vrais acteurs de la reconstruction et rentrer en complémentarité avec les acteurs extérieurs qui n’ont pas utilisé les nombreuses informations disponibles et essentielles.

 Video prise 2 jours aprés le cyclone et mise à disposition des travaux publiques, permettant les travaux du port fait en urgence dans la nuit pour accueillir les 1er bateaux.


Video prise deux jours aprés le cyclone,mise à disposition des équipes WFP à Rome pour planifier la réhabilitation et l'extension de l’entrepôt pour la réponse d'urgence .

 

Exemple 2 : 2 jours après Matthew une équipe drone de l’association nationale Potentiel3.0 était sur le terrain. Nous avons pu publier rapidement les premières images de Jérémie et des villages alentour pour permettre aux experts de calibrer leurs analyses et confirmer le niveau de destruction. En parallèle la communauté OpenStreetMap a réalisé la cartographie des dégâts avec une nouvelle méthodologie de « Harvard humanitarian team » pour classifier le type de dégâts sur le bati… Cette méthodologie a été reprise par une organisation internationale, à court d’idées pour déposer un dossier de subvention. Comme nos données était sous licence OpenSource, ils ont préfèré tout refaire, pour garder la maitrise et la propriété des informations, au lieu d’apporter un soutien à cette initiative communautaire. La raison invoquée était qu’ils étaient des professionnels qui devaient être payés et nous nous n’étions que des volontaires avec moins de besoins financiers…

 

 Mise à disposition des images drones prises après le cyclone et mise en place de l'évaluation des dégats avec cette méthodologie Methodology Harvard

Et le résultat evaluation des dégats par la communauté OpenStreetMap    et l'utilisation des résultats dans le rapport de la banque mondiale Utilisation des résultats dans le rapport de la banque mondiale/CNIGS Oct 2016


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